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Haut débit Entretien avec Patrick Devedjian : Oui à la fibre optique pour tous dans moins de cinq ans !

mercredi 26 juillet 2006

Extrait d’un entretien avec Patrick Devedjian publié sur Adverbe - propos recueillis par Xavier de Mazenod :

Vous avez affirmé dans une allocution récente sur le très haut débit que le maillage du territoire était un préalable pour « répondre aux objectifs de croissance et de compétitivité, de cohésion et de durabilité ». Parlez-vous de la fibre optique pour tous, jusqu’au domicile, et pouvez-vous détailler le bénéfice d’un déploiement massif de la fibre ?

Le déploiement de réseaux de fibre optique jusqu’à l’abonné est un mouvement inéluctable, qu’il revient aux pouvoirs publics d’accompagner et d’accélérer. Déjà, depuis 2002, avec l’ouverture du marché de détail de l’accès à Internet haut-débit, des investissements considérables ont été consentis pour rapprocher la fibre de l’abonné et permettre le dégroupage d’un très grand nombre de répartiteurs et l’extension géographique de la concurrence. Les débits nominaux sont passés de 200 bits/seconde à 2000 bits/seconde en deux ans, et les tarifs nominaux sont passés de 50 Euros par mois à moins de 20 euros par mois.

Je suis convaincu que le développement actuel du marché de l’accès à Internet haut-débit n’est que transitoire, et que la diversification des usages créée de nouveaux besoins en débit.

La fibre optique va donc continuer à se rapprocher de l’abonné, au fur et à mesure où les besoins en débits de l’abonné continueront à progresser : télévision et radio par Internet, échange de photo, de vidéo, de morceaux de musique, téléconférence, visiophone, télésurveillance, etc. Les jeunes internautes savent bien qu’il faut deux heures pour télécharger un film avec une connexion ADSL, contre trois minutes avec une connexion très haut débit. Et ils voudront bientôt la haute-définition du son et de l’image, et le téléchargement de catalogues de films !

Les nouveaux usages d’Internet appellent des débits que nous croyions réservés aux entreprises il y a à peine quelques années. Ceux qui ont pronostiqué un plafonnement des besoins en débit se sont trompés. Je crois que ceux qui continuent à pronostiquer un plafonnement continuent à se tromper. L’ADSL n’est pas la technologie ultime de la société de l’information. L’ADSL est une technologie de transition, qui aura été très utile pour le basculement progressif de l’abonné vers la fibre optique.

Les opérateurs sont timides et doutent du retour sur investissement pour déployer de la fibre optique jusqu’à l’habitant. France Telecom dit vouloir y aller mais voudrait une garantie de monopole en échange. Dans ces conditions, quelle est la faisabilité d’un déploiement national à court terme ?

L’idée de recréer un monopole pour permettre à un opérateur de créer un réseau national est une aberration.

Une aberration juridique, puisqu’un tel monopole serait en infraction par rapport aux règles de concurrence européennes. Les autres opérateurs devraient certainement être indemnisés du préjudice subi.

Une aberration économique, puisque seule une concurrence saine et durable est susceptible de stimuler l’innovation et l’investissement. L’exemple de l’explosion du marché du haut-débit en France depuis 2002 est particulièrement précieux de ce point de vue.

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