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Les Rendez-vous de la Société Locale de la Communication

jeudi 24 mars 2005

Quelle est la place de la communication face à la multiplication des Nets et aux autres services, informatiques ou généraux ?
Comment animer des réseaux ?
Quels services de proximité et télé procédures offrir à la population ?
Peut-il y avoir une communication virtuelle locale et à quelles conditions ?
Comment gérer sa communication face à l’inégalité de l’offre technologique ?

Les Rendez-vous de la Société Locale de la Communication se proposent notamment de répondre à ces questions comme à toutes celles que vous vous posez.

Organisés par Cap’Com et Infoggara, avec les soutien de l’Artesi, ces rendez-vous seront déclinés cette année dans plusieurs régions. Les premières rencontres sont prévues en Ile de France les jeudi 28 avril, mardi 7 juin, mardi 4 octobre, mardi 8 novembre 2005. Le dernier rendez-vous national se tiendra à Lyon le mardi 6 décembre 2005.

Depuis 15 ans, cette formation combine de façon innovante transfert d’expertise, intelligence collective, mutualisation et partage d’expériences, veille et intelligence territoriales. Elle s’appuie sur une pédagogie de mise en réseau et s’adresse aux responsables élus ou professionnels bons connaisseurs de la communication locale ou de la communication électronique.


Voir en ligne : Les Rendez-vous de la Société Locale de la Communication

Messages

  • La communication est omniprésente dans la vie publique. Brouillonne, éventuellement contradictoire, souvent sans scrupules éthiques, qu’il s’agisse de promouvoir l’homme, l’équipe ou l’institution qui financent cette communication, avec le budget de l’Etat ou celui des collectivités.

    L’image des élus pour lesquels vous avez voté, ou de ceux pour lesquels vous n’avez pas voté, mais qui ont pris soin de dire qu’ils étaient désormais au service de tous, vous revient à la figure comme un boomerang. Et pour peu que vous cherchiez à savoir qui est vraiment cet élu, ce qu’il a vraiment fait, ce qu’il aurait pu faire si les projets mis en œuvre avaient résulté d’une plus large concertation, vous aurez vraiment du mal à savoir ce qui pourtant vous paraît utile pour « bien » voter. C’est désormais la communication qui fait « bien voter ».

    Les communicants répondent alors qu’on ne peut faire de bonne communication qu’avec un élu conforme au message qu’on fait passer de lui, mais ne communiquez-vous pas pour tous ?

    Alors qu’on pourrait facilement dialoguer avec le public avant d’ouvrir la séance d’un conseil municipal, où à force de présence passive le public ne vient plus s’intéresser aux débats, on préfère innover par exemple dans l’expérimentation d’un vote électronique, accompagné de tout un dispositif de communication, qui va accréditer l’image d’un élu moderne, certains penseront même « à la pointe de la démocratie », puisqu’elle est électronique !

    Pour peu qu’on s’y intéresse un peu objectivement, on voit bien que ces expériences très médiatisées d’e-démocratie, servent davantage la promotion d’un élu que l’avancement réel de la démocratie, locale ou participative.

    Sans aller aussi loin dans la modernité, on sait bien que les comptes-rendus des conseils municipaux ou communautaires, sont souvent écrits par les services de communication des élus et non par les journalistes de la presse qui les diffuse. Dans la crainte de perdre un courant d’information direct et régulier pour faire les pages d’un journal, les journalistes analysent rarement avec le recul que devrait leur imposer leur métier et les attentes des lecteurs, ce qui s’est passé dans ces assemblées et ce que cela implique. S’ajoute à cette pratique consensuelle, qui n’est bouleversée que lorsque l’opinion peut prendre parti contre un élu ou une équipe à l’occasion d’un scandale, la publicité rédactionnelle financée par la même collectivité au même journal, ou à un autre dont on veut adoucir les velléités critiques. La liberté d’un journal s’arrête le plus souvent là où commence la relation privilégiée qu’entretiennent un journaliste et un journal avec leur source d’information.

    La mission assignée aux services de communication et aux prestataires qui travaillent pour eux est, de façon écrasante, la promotion d’un homme, d’une équipe ou d’une institution, qui doivent montrer qu’ils sont utiles et qu’ils travaillent bien, pour assurer la pérennité de leur statut ou de leur existence. Alors que dans ces mêmes services et chez ces mêmes prestataires, des compétences équivalentes existent pour faire « remonter » de l’information depuis le public, ces compétences sont rarement mises à contribution pour caler l’action publique sur les problèmes des gens au service desquels sont les élus et plus largement le secteur public. Il y a toujours énormément de choses à faire descendre et peu qui remontent. On fait descendre le « oui » et voilà qu’un « non » vous revient à la figure.

    • Merci pour votre message

      Il pose des questions générales et particulières à cette formation, fondée sur l’échange d’expérience. Formation néanmoins. Mais ceci est un autre sujet.

      Elle s’adresse aux professionnels aguerris de la communication, qu’ils soient élus ou salariés. Qu’ils aient acéré leurs armes dans la communication traditionnelle ou électronique.

      Il s’agit pour nous de les accompagner dans une réflexion et l’acquisition ou le perfectionnement de connaissances et de compétences.

      Le cœur de la question en terme de compétence me semble être celui de la relation entre la communication traditionnelle et la communication électronique. Je vais y revenir.

      Mais avant d’aller plus avant sur cette question, il me semble clair que cette compétence peut s’exercer dans des domaines différents. Le domaine général sur lequel nous travaillons est la communication dans le cadre du service public. Ensuite, cette compétence peut se décliner en terme de communication politique, communication touristique, communication de proximité, communication de service, communication d’image, etc. La démocratie aussi le choix de sa communication, tant pour l’émetteu, que pour celui qui la reçoit que pour ceux qui sont dans une véritable relation d’échange.

      Mais dans le cadre des « rendez-vous de la société locale de la communication » que m’importe le type de communication. Nous essayons Cap-Com et moi de proposer les conditions d’une meilleure expertise en terme de communication ET électronique et non pas seulement de communication électronique.

      La communication électronique ou le multimédia communiquant ou le net, à chacun sa définition et ses frontières, est un outil que le communicant, qu‘il soit dans un service public ou non, doit s’approprier pour améliorer sa performance professionnelle.

      D’où les thèmes que nous allons aborder cette année dans notre cycle (http://www.cap-com.org/page19-les-rendez-vous-de-la-societe-locale-de-la-communication.html).
      D’où, de façon plus précise, les thèmes qui seront l’objet de notre première séance Communication, plurimédia/multimédia et particulièrement :
      • Place du multimédia dans une stratégie plurimédia : comment penser internet dans une politique globale de communication (interne, externe, entre-deux ; intranet, internet, extranet)
      • Conditions organisationnelles
      • Compétences nécessaires
      • La fréquentation des sites internet (animation, mesure, analyse)
      • Les études théoriques sur les usages, les enquêtes commerciales
      • Le soucis de l’internaute : l’ergonomie comme respect, l’oubli des handicapés, langages différents en fonction des publics, …

      Ainsi, quelque soit le type de communication, politique, de service, de proximité, etc., les communicants ont à acquérir une compétence nouvelle et comprendre les spécificités, intérêts, dangers, difficultés de maîtrise, mirages, puissance de ces nouveaux outils. Ensuite, je préjuge qu’ils sont d’assez bons professionnels pour les utiliser afin d’améliorer leurs stratégies et atteindre leurs objectifs.

      Je connais assez de « dircom » et de responsables de la communication électronique des collectivités publiques et particulièrement territoriales pour savoir qu’ils ont comme vous, comme moi, une éthique qu’ils mettent au service d’un superbe métier. Métier difficile qui a ses travers ou plutôt connaît des déviations. Comme tout métier. Mais quelle joie et quelle responsabilité que d’avoir une compétence de communication dans une société de communication. Ce contexte est de plus en plus fondé sur les réseaux. Il est nécessaire que les communicants acquièrent des compétences de communication utilisant les moyens électroniques et comprennent les enjeux de cette société en réseau. Voyez-vous je reviens toujours à cette préoccupation que je vous assure être pour moi plus vitale que simplement commerciale !

      Sur le plan politique maintenant.
      Je connais aussi assez d’élus pour savoir qu’ils ont les mêmes besoins de compréhension, d’échange, d’outils performants pour, chez certains, gonfler leur égo, mais aussi, chez beaucoup, pour gérer la Cité. Et nous avons besoin de Nos élus pour la sauver. Pas seulement d’eux ; mais d’eux aussi.

      J’interviens rarement dans les débats du Net pour mille raisons : esprit d’escalier qui me demande du temps pour répondre, crainte de ma réactivité qu’il me semble toujours devoir tempérer, horreur de l’impérium de l’immédiateté qui me semble être, comme d’autres outils tel le sondage et à terme le vote en ligne, des ferments d’un totalitarisme qui se joue de nos temps (présent, passé, futur) et de nos espaces (territoire, terroir et cyber, individuel et global), crainte d’être embarqué dans des logorrhées collectives aussi pernicieuses que les individuelles, même si elles sont un peu plus fun.

      Votre intervention est en quelque sorte une réaction à une présentation des « Rendez-vous de la société locale de la communication ». Et par là elle m’a interpellé sur deux points :
      • Les « Rendez-vous » ne sont pas un dispositif qui participe à la communication politicienne d’élus menés par leurs intérêts personnels et des dircom rampant à leurs basques. Rejetons cette image du politique, trop superficielle. Pourtant la rage aussi m’assaille à en subir certaines pratiques. Il y a des élus et des communicants qui ne demandent qu’à bien faire leur métier. Et ils sont nombreux. Dans un contexte difficile où le bien commun a perdu de sa valeur.
      • Accompagner les communicants dans leur travail de maîtrise des outils électroniques ne préjuge pas d’une survalorisation de ces outils. Ils ne sont que ce qu’on en fait. L’outil n’existe que par son usage. Les professionnels qui suivent les « Rendez-vous » depuis plus de 15 ans savent combien je suis réticent face à certaines représentations et usages, au point de passer pour un technophobe. L’outil pour moi n’est intéressant que dans son apport à la mise en œuvre d’une stratégie de communication. Même si, par sa prégnance, il induit de nouveaux comportements, même si les nouveaux usages façonnent notre société. Ces outils n’ouvrent pas de champs nouveaux. Ils ne sont pas déclencheurs de nouvelles pratiques politiques ou de nouvelles pratiques de communication. Par contre, ils peuvent, s’il y a une demande sociale, être saisis par des acteurs pour renforcer, accélérer, démultiplier peut-être, de nouvelles pratiques. La démocratie participative est une de ces probables aventures, aventure sociale et non technique. Par conséquent, les difficultés de mise en œuvre sont avant tout sociales et politiques et non techniques.

      J’ai entendu dire que Wikipedia serait racheté par Google. Ainsi va le monde. Mal.
      Gardons nos facultés d’étonnement et d’intervention mais n’alimentons pas nos illusions.

      Bernard Corbineau

      Voir en ligne : Les Rendez-vous de la société locale de la communication