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Medium n°10 Le numérique en toutes lettres l’avenir des "médias de papier"

jeudi 11 janvier 2007

Le numéro 10 de la revue "Medium" dirigée par Régis Debray s’intitule "Le numérique en toutes lettres". Il comporte de nombreuses contributions des amis de l’Irepp.

La revue Medium est diffusée par abonnements et dans certaines librairies. Le numéro 10 peut être acquis en contactant l’Irepp.

Sommaire détaillé

«  Ceci fécondera cela  » par Régis Debray et Paul Soriano.

Les nouvelles hybrides, par Paul Soriano, président de l’Irepp

L’hypersphère n’abolit pas les précédentes, logo, grapho, vidéosphère. Elle tend plutôt à les absorber, comme le numérique absorbe tous les signes. Non pour fusionner, mais pour en délivrer la circulation. D’où une profusion de formats, anciens (le livre, le journal, la lettre revisités), nouveaux ou hybrides. Reste à savoir quelles énergies vont mouvoir ces flux.

Glissements progressifs de l’autorité, par Daniel Bougnoux

L’archaïque, l’archonte, l’archive ont lié de façon immémoriale le commencement au commandement, et l’autorité à un certain pouvoir de maîtriser ou de rejouer l’origine. Ce pouvoir a peu à peu glissé, avec l’idéologie progressiste des Lumières, vers celui d’annoncer et de décrire l’avenir. C’est cette double autorité, liée à une perspective historique et à une durée, qui vacille aujourd’hui dans un présent aux représentations fort incertaines.

Logistiques de l’écrit, par Yves Jeanneret

Sémiotique et logistique, c’est tout un. L’inscription est un hybride qui matérialise, donne à voir et à entendre, conserve et fait circuler le support, le texte et le sens. Certes, à l’ère du numérique le texte franchit ses clôtures et s’ouvre à d’autres lectures, à d’autres écritures même. Mais le lien demeure : le « signe passeur » dissémine dans l’hypertexte ses balises logistiques.

Le livre déplié, interview de Michel Melot par Louise Merzeau

Un livre capital et récapitulatif de Michel Melot, accompagné de photographies de Nicolas Taffin, a paru aux éditions de l’Oeil neuf sous le simple titre de Livre,. Constatant que le contenu des livres, textes et images, se retrouve aujourd’hui transféré sur Internet, l’auteur s’attache à comprendre pourquoi la forme du livre continue d’être si pratiquée et résiste à sa puissante concurrence. Henri Michaux disait que la vie réside et résiste dans les plis ; cette intuition, qui intéresse autant le biologiste que le médiologue, se trouve ici développée : c’est en examinant le corps même du livre que l’on explique l’attachement qu’on lui porte, et sa paradoxale bonne santé !

Après le journal, les journalistes, interview de Pierre Assouline

Tenir un blog, écrire des livres, intervenir comme journaliste : ces modes n’ont rien d’incompatible, comme en témoigne Pierre Asouline. Les temps, les formats, les styles, les publics ne sont pas les mêmes, mais le blogueur-écrivain peut dire lui aussi que « ceci fécondera cela ».

Inondation médiatique et presse écrite, par Jean-Marie Charon

De tous les « médias papiers », la presse est le plus diversifié. Elle présente donc le plus large spectre d’évolutions possibles. Si la dichotomie presse quotidienne / presse magazine reste essentielle, il faut aussi prendre en compte la périodicité des titres et détailler les réponses des acteurs au défi du numérique, entre le « tout électronique » et l’objet magazine. La dynamique de l’offre sera sanctionnée par les usages et les modèles économiques.

Laisser dire, laisser passer, par France Renucci

L’histoire de la liberté d’expression montre que lorsque les instances politiques acceptent de laisser dire, elles engagent dans le même temps les moyens du laisser passer. Pour évoquer les aides postales de l’État à la presse, il a donc été nécessaire de croiser les trois sources des éditeurs, de La Poste et de l’État.

La relation épistolaire, par Paul Oraison, postier

Quand on lui parle de lettre, le médiologue, celui qui regarde le doigt plutôt que la lune, se demande aussitôt ce que fait la police de caractères dans la réception du message. Ou bien il suggère que le message c’est le papier. Ou bien il entreprend une histoire des instruments d’écriture, ou encore de la Poste, et ainsi de suite. Nous l’invitons ici à vaincre ses préjugés pour découvrir enfin ce que la lettre, dépouillée de ses accessoires, dit et fait.

Truffaut, homme de lettres, par Régis Debray

Pas étonnant que François Truffaut, autodidacte et grand lecteur de romans, ait éprouvé le besoin, entre deux films, de se confier par écrit, âme et coeur. Ce qui nous en dit beaucoup sur un art oublié.


Le cauchemar de Proust, par Pierre-Marc de Biasi

Écrire, ou téléphoner ? L’alternative s’est posée à Proust, et on mesure par sa correspondance ce que le choix du téléphone nous aurait coûté. Et le mail, et les écrits d’écran ?... Bien loin de fermer au chercheurs la grande nuit des brouillons, la nouvelle technologie nous ouvrant peut-être leur âge d’or.

Défaut de correspondances, par Jacques Lecarme

Tandis que la lettre construit au fil du temps une correspondance, une relation complète où l’attente n’est pas étrangère à la qualité de la jouissance, les nouveaux moyens de communication précipitent la frustration des éjaculations précoces.

La sacoche du facteur, par Marc Pontet

Quand on essaie de saisir, d’un point de vue postal, ce qu’est la réalité du courrier aujourd’hui dans le monde on est d’abord surpris par l’étonnante disparité du nombre de « plis » reçus par habitant et par an dans les différents pays : entre quelques dizaines à peine et quelques centaines. Ces écarts appellent toutes sortes d’explications, mais nul doute que l’ancienneté et la qualité du service postal sont déterminantes. C’est la raison pour laquelle la Poste française continue d’investir dans le courrier, en dépit de prévisions pessimistes, jusqu’à présent régulièrement démenties, sur son avenir. Qu’est-ce qui fait donc tenir le courrier postal ?

« Vos Papiers ! », par Daniel Perrin, chargé de mission à l’Irepp

Livret de famille, factures, quittances de loyer, relevés de compte, avis d’imposition : que de papier(s) pour relever les traces de notre existence ! Mais toute cette paperasse ne saurait plus longtemps nous encombrer : un ordinateur, une imprimante, un scanner, le tout connecté à un blockhaus informatique, et la dématérialisation peut commencer.

Le désordre du discours, par Jean-Rémi Gratadour, chargé de mission à l’Irepp

L’hypertexte est plus qu’un nouveau mode de lecture-écriture affectant notre rapport avec les textes délivrés de leur « clôture ». Aussitôt rattrapé par la publicité, son principe contamine l’ensemble des médias et les organise en système : de l’hypertexte à l’hypersphère en passant par l’hypermédia. Paradoxalement, cet activisme hypertextuel donne des arguments aux anciens médias, moins astreignants.

Paroles d’entreprises, interview de Jeanne Bordeau

Les idées ne voyagent pas toutes seules, ni sans risques de se voir dépouiller en chemin de leur seul bagage à valeur déclarée : le sens. L’intégrité sémantique requiert des (a)ménagements. Jeanne Bordeau, qui a fondé et dirige l’« Institut de la Qualité de l’Expression » y convie les entreprises et autres institutions. Au-delà, ou plutôt en deçà de l’envahissante communication, nous lui avons demandé de nous entretenir du langage et des discours d’entreprise.


Bonjour l’ancêtre

François de Neufchâteau. La craie et l’ardoise, par Robert Damien.

Salut l’artiste : Louise Merzeau

Un concept

Logistique, par Paul Soriano.

La logistique est l’art d’acheminer et agencer des éléments dispersés en vue de produire un tout organisé. Rien de plus médiologique que l’histoire de la logistique. Elle s’applique en effet d’abord aux choses de l’esprit avant de rejoindre les corps et l’empirie, dont elle tend à nouveau à s’affranchir vers la fin du XXe siècle. En vain : les idées même ne sauraient voyager sans conteneurs. Logistique et sémiotique forment un couple inséparable.


Symptômes

Quartett. 1. Déliaison dangereuse, par Daniel Bougnoux. 2. Dissonnance, par Régis Debray (à propos de Quartett de Heiner Müller par Robert Wilson au Théâtre de l’Odéon).

Cyrano à la lettre, par Daniel Bougnoux.

La lettre volée trois fois par le cinéma ou la relation épistolaire dans « Three Times » de Hou Hsiao Hsien, par Tanguy Bizien.

Saint-Paul a-t-il écrit des lettres ? par Régis Burnet.

Pour la culture occidentale dans laquelle nous nous mouvons, l’influence de la correspondance paulinienne sur le genre épistolaire a été décisive. Grâce à Paul, ce moyen de communication un peu fruste - rien ne remplacera la conversation entre amis martelait déjà le Stagirite et après lui Cicéron qui voyait en la lettre un pis-aller au colloquium amicorum - acquit une respectabilité apostolique. Si La Poste n’était pas cette vénérable institution laïque que nous connaissons, elle le remercierait du beau coup de pub qu’il lui a fait pendant deux mille ans, avec une série de timbres.

La Poste en garde-fou de « La Croix » ? par Antoine Perraud.

Pourquoi le quotidien La Croix n’a-t-il pas hurlé avec les loups lors d’affaires qui conduisirent la presse à dénoncer des coupables imaginaires en se fondant sur les imputations de soi-disant victimes...

Contact.
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Tél : 00 33 (0)1 44 10 50 60.


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