Accueil > Liens du jour - Quoi de neuf sur le web ? > Culture Critique 2007

Culture Critique 2007

Pourquoi ce blog ? Pour contribuer à l’affirmation du facteur culturel dans la campagne présidentielle de 2007. Derrière ce mot, ” facteur culturel ” : non seulement les questions qui relèvent du domaine culturel au sens large, mais aussi les principes et les logiques d’évaluation propres à la culture, et la dignité de celles et ceux qui s’y réfèrent.

Quelque chose ne va pas dans les relations du politique, de l’économie et de la culture, un déséquilibre, un excès. Que cette situation puisse être vécue comme une menace pour ceux qui placent la culture au centre de leur vie serait une raison suffisante pour réagir. Mais il apparaît de plus en plus clairement que la société dans son ensemble souffre de ce déséquilibre.

Le déroulement du quinquennat qui s’achève en est une illustration assez parfaite.

Premier acte : le gouvernement Raffarin s’en prend aux professions intellectuelles, transformées en bouc émissaire de l’insécurité, de l’échec scolaire et de tous les déficits. Il faudra revenir sur cette image combien significative d’un ancien publicitaire dont le gouvernement trouva bon de s’attaquer aux archéologues, aux intermittents du spectacle, aux architectes, aux psychanalystes, aux instituteurs et aux chercheurs.

A juste titre, l’appel des Inrockuptibles, début 2004, qualifia cette politique de ” guerre à l’intelligence “.

Dans la période suivante, il faut souligner que le mouvement contre le CPE fut conduit essentiellement par les jeunes diplômés, rejoignant ainsi le mouvement initié par ” Sauvons la Recherche “, dont une des principales revendications portait sur la situation des jeunes docteurs.

La ” société du savoir ” commençait mal avec la droite française.

En réalité, depuis 2002, tout se passe comme si le véritable ministre du facteur culturel était le ministre de l’intérieur.

Quelques exemples : les attaques d’emblée contre les associations de médiation sociale et culturelle dans les banlieues, corrélées au tout-sécuritaire et à l’abandon de la police de proximité ; la connivence avec les courants communautaristes, et la doctrine de délégation du lien social aux religions (théorisée dans La République, les religions, l’espérance) ; le contrôle politique et personnel des médias (affaire Paris-Match) ; le fichage médical, dès le plus jeune âge, des enfants susceptibles de souffrir d’un ” trouble des conduites “.

L’intolérance ou les pressions (sur les juges, les journalistes) ne sont pas chose nouvelle en France. Ce qui est proprement nouveau, et constitue une rupture, même avec la tradition de la droite républicaine, c’est leur articulation avec le mépris de la culture, et la désignation des professions intellectuelles comme bouc émissaire.

La domination excessive de l’économie - ” l’économicisme “- au détriment du politique aussi bien que de la culture, a pu masquer un temps l’ampleur et le caractère stratégique de cette offensive contre la culture.

Il y a des raisons de penser que cette situation est en train de changer. Nous voulons croire que la campagne présidentielle sera l’occasion de réhabiliter les professions culturelles et de mesurer le prix payé par la société pour l’abaissement de la culture.

Le succès de la candidature de Ségolène Royal au Parti Socialiste marque un retour du politique et des questions délaissées par la routine technocratique. Parmi ces questions, certaines - comme l’autorité légitime, la signification du travail, la transmission, le rôle de la famille et de l’école, la démocratie participative- sont à la fois des questions centrales pour la société et celles qui illustrent le mieux le rôle du facteur culturel.

Si cette orientation vous semble intéressante, saisissez avec nous l’occasion de la campagne présidentielle.

Collectif Culture Critique 2007

http://culturecritique.wordpress.com/