Depuis la loi du 13 mars 2000, la signature électronique a fait son chemin. Le paysage s’est décanté, les autorités de certification ont quitté l’avant scène pour concentrer sur leur fonction, les acteurs se sont mis en place, les juristes ont appris à apprivoiser cette nouvelle donnée, les applications de dématérialisation ont commencé à se déployer. (Trop) lentement mais sûrement, le processus s’est lancé, il ne s’arrêtera plus. Et il génère de nouvelles opportunités de business.
Nous avons aujourd’hui 2 mondes, celui du matériel, celui de l’immatériel :
- Le monde matériel, où règnent en maîtres, les hommes, la matière, première ou non, les marchandises et tout ce qui sert à abriter et véhiculer les uns et les autres.
- Le monde immatériel, électronique, où règnent aussi les hommes et où se trouve désormais l’information, et tout ce qui sert à la générer, la conserver, l’échanger. Ces 2 mondes sont parallèles, exclusifs l’un de l’autre. C’est une évidence lorsque l’on situe cette affirmation au niveau de la matière, difficilement dématérialisable sauf dans les films et séries de SF, c’est moins flagrant pour ce qui concerne l’information,
Le troisème monde, hybride :
Entre ces 2 mondes, il existe un troisième monde, ou plutôt, un monde hybride entre les 2 premiers mondes, un sas, dont l’unique objet est d’assurer le lien entre les 2 autres, un monde obligatoire pour passer de l’un à l’autre, du matériel à l’immatériel et de l’immatériel au matériel, un monde où dématérialisation et matérialisation / rematérialisation sont à la fois un enjeu de notre temps, un enjeu juridique et un enjeu industriel. En effet, une multitude d’actes y sont à accomplir chaque seconde qui passe, le droit à l’erreur n’y existe pas, tant faire passer une information d’un monde à l’autre est une entreprise sensible, délicate, d’une part pour ne pas la perdre ou ne pas la déteriorer, mais aussi et surtout, pour la transférer dans l’autre monde sans rien lui faire perdre de sa valeur juridique.
L’avènement du deuxième monde a inquiété et inquiète toujours ceux qui vivaient jusqu’ici sans souci de la manne du transport matériel de l’information.
Le téléphone, tout d’abord, a
inquiété La Poste, qui se l’est d’ailleurs
approprié à ses débuts, la Poste
étant devenu les P & T, puis les PTT, avant
d’abandonner les 2 T pour redevenir elle-même (Cf. l’histoire de La Poste sur wikipedia).
Le minitel, Le fax, puis Internet et surtout Internet et l’email sont
devenus un danger pour l’acheminement des lettres, de moins en moins
indispensables au transport de l’information.
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La Poste française a réagi assez vite, en se positionnant, du moins dans la communication, sur la base de sa légitimité acquise sur le premier monde et sur le courrier à valeur ajoutée. C’est ainsi qu’elle a annoncé très vite et à grands renforts de communication, une offre en matière de recommandé électronique ...qui n’existe toujours pas !, et plus sûrement, en se lançant à la conquête du troisième monde sur ce qui constitue son point fort, avec son offre de recommandé hybride.
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Mais de nouveaux acteurs se sont présentés sur ce terrain nouveau du courrier à valeur ajoutée, tels Posteasy ou Keyvelop, qui proposent tous deux du courrier recommandé électronique. De même, certains se sont également lancés à l’assaut du courrier hybride, comme Posteasy, présent donc sur les deuxième et troisième mondes, ou encore NPAI (Groupe Imaterialis), sur le courrier hybride simple.
De même, les acteurs de la conservation de l’information ’matérielle’, papier, archiveurs, ont vu leur marché naturel être remis en question dans son existence même.
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Là aussi, les acteurs importants de l’archivage, institutionnels, comme la Caisse des dépôts et consignations, ou encore les archives de France, ont réagi sur la base de leur légitimité assise sur le premier monde, en montant une prestation d’archivage électronique à valeur probatoire (Cf. CDC Arkhineo, du groupe Caisse des dépôts).
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Mais de nouveaux acteurs sont nés sur ce marché purement deuxième monde, comme Cecurity.com, éditeur de solutions d’archivage légal devenu incontournable. Les archiveurs plus modestes se sont alors tournés vers le troisième monde, tentant d’occuper le terrain de la dématérialisation des archives papier ou encore celui de la re-saisie des informations issus de documents papier pour les mettre à disposition de leur propriétaire, cette fois sous forme électronique dans le deuxième monde. De nouveaux acteurs se sont également placés sur cette opportunité offerte par le troisième monde, comme ATM (Groupe Imaterialis).
Le troisième monde, voie royale pour le second.
Le troisième monde intéresse donc les deux premiers,
- Les acteurs du premier monde mis en danger par l’avènement du deuxième ;
- Les acteurs du deuxième monde qui voient là une façon efficace de capter un marché de l’immatériel encore naissant, tout en accompagnant la progression aléatoire de leur business par une activité plus hybride et donc plus stable, ancrée comme elle l’est pour moitié dans le monde matériel.
A coup sûr, ceux qui sauront construire le troisième monde, l’hybride, le passage, le sas, dans les 2 sens, du matériel vers l’immatériel et de l’immatériel vers le matériel, auront les meilleures chances d’obtenir une bonne place dans le deuxième monde encore en friche, celui des échanges électroniques.
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