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Entretien avec Catherine Trautmann

Délégation du Parlement Européen au Forum pour la Gouvernance de l’Internet Novembre 2008

Entretien avec Catherine Trautmann, membre de la Délégation du Parlement Européen au Forum pour la Gouvernance de l’Internet à Rio de Janeiro, Novembre 2008

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Catherine Trautmann
Photo AdmiNet France

Philippe Batreau :

Quel est le mandat de la délégation au Forum, qu’en attendez-vous ?

Catherine Trautmann :

La volonté de la délégation est d’être présente dans la démarche du Forum dont la avons soutenu la création lorsque le sujet de l’ICANN a été abordé lors de la deuxième phase du SMSI à Tunis en 2005.

Deux piliers avaient été proposés : la mise en place du forum dans lequel nous sommes aujourd’hui et la coopération renforcée des Etats - ce qui manque encore un peu -.
Le Forum est un lieu libre de débats et de travail. Il permet d’éclairer le décideur, de l’inspirer ainsi que de déboucher sur des actions concrètes.

Nous avons décidé d’engager une étape complémentaire sous l’angle de l’implication.

Nous avons rencontré des parlementaires brésiliens avec qui nous souhaitons articuler une coopération sur les débouchés législatifs et règlementaires (lutte contre la cybercriminalité, protection de la vie privée...), la préparation de la troisième édition à New Delhi en 2008 et avons évoqué la possibilité de constituer une coopération parlementaire internationale sur ces sujets.

Les anglais ont constitué un IGF local, nous souhaitons mettre en place un processus comparable à l’IGF à l’échelle européenne avec la société civile.

Par ailleurs, il faut organiser la coopération entre le Parlement européen et les 27 parlements nationaux pour susciter le même mouvement dans chacun des pays de l’Union européenne. L’IGF étant un processus volontaire, il faut créer cette dynamique.

Nous allons y travailler avec le triumvirat de la présidence européenne, Portugal, Slovénie, France , l’ISOC et les autres organisations de la société civile.
Nous souhaitons être à l’écoute de la société civile.

PB :

Peut-on dès lors songer à un IGF européen en 2008 ?

CT :

Oui, nous souhaitons mettre en place un travail transversal. Il s’agirait d’un processus pour favoriser la création d’un IGF européen via la formation d’IGF locaux (à l’image de ce qui a pu se passer au Royaume Uni), ce qui passe par un approfondissement des contacts avec la Société civile européenne.
On doit pouvoir croiser ce qui se fait à l’IGF avec le travail parlementaire, ceci avant la fin du mandat - juin 2009 - afin qu’il n’y ait pas de rupture.

PB : D’Athènes 2006 à Rio 2007, quelle évolution voyez vous ?

CT :

Des répétitions et des avancées. On est à la fois sur la réflexion de fond et sur les aspects sociologiques. On va voir comment l’IGF contribue à la réussite du SMSI,
comment il peut investir le processus du SMSI.

PB :

Quelles sont pour vous les priorités en matière de gouvernance de l’internet ? Tant au niveau international que local et national.

CT :

Au plan local, nous souhaitons que les européens puissent avancer sur une coopération renforcée entre les pays de l’UE. Il faut créer cette culture coopérative, éthique, commune avec tous. Il faut déboucher sur ce travail, c’est un effort à accomplir et cela constitue aussi une dépense.
Les priorités plus globales sont :
- Allocation des adresses IP non utilisées aux pays en voie de développement pour rattraper l’inégalité ;
- Traiter à temps le sujet de l’internet des objets, pour que cela n’échappe pas à l’espace public, à l’espace politique.

Concernant l’ICANN, nous faisons confiance aux évolutions en cours.