Le blog d’AdmiNet

Accueil > Economie immatérielle > L’économie immatérielle, l’économie d’après

L’économie immatérielle, l’économie d’après

mardi 5 décembre 2006, par Philippe Batreau

Post transition démographique, post pétrole, post industrielle, l’économie immatérielle est pour Thierry Breton l’économie d’après nous déclare-t-il dans son discours à l’occasion de la remise du rapport Levy-Jouyet sur l’économie de l’immatériel. Thierry Breton sait de quoi il nous parle quand il affirme que "les technologies sont le vecteur de la révolution de l’immatériel".

Après une analyse de l’économie de l’immatériel et de la situation de la France, le rapport émet une série de recommandations, qui vont de l’amélioration "notre gestion de l’image de la France à l’étranger en constituant au sein de l’Agence française des investissements internationaux
(AFII) une cellule de veille et de réaction aux classements internationaux", recommandation n°1, à la création d’un "Haut-Conseil pour la croissance par l’immatériel présidé par le Premier ministre.", recommandation n° 68, en passant par l’accélération de "la mise en ligne des données publiques et recourir au financement des sites publics par la publicité (hors sites en « .gouv.fr »).", recommandation n° 11 et diverses autres recommandations sur la propriété intellectuelle, les brevets et les droits voisins des droits d’auteur.

C’est un rapport riche et remarquable sur bon nombre de points, ceci dit sans pour autant souscrire forcément à l’ensemble des recommandations. Le sujet ne doit pas être l’occasion de faire passer des mesures au simple motif que cela est nécessaire pour s’adapter à la nouvelle donne de l’économie de l’immatériel.

On reste dans ce rapport sur une vision de l’Etat très classique, à la fois libéral en tant que régulateur du marché et responsable des infrastructures, et social en tant que garant d’un certain nombre de principes républicains.

Même si la partie sur le travail en réseau va dans le bon sens, constatant que "l’économie de l’immatériel est plus réticulaire que linéaire" (page 32) on eût aimé que cette réticularité affirmée s’appliquât dans le champ politique dans de nouvelles formes de gouvernance. La réflexion sur l’économie de l’immatériel s’exonère ici d’aborder sa gouvernance, très légèrement évoquée.

Voici la recommandation n°49, qui rappellera les débats sur la DADVSI :
"[...]la France pourrait être à l’origine d’une initiative européenne sur le rapprochement des législations en matière de droits d’auteur et de droits voisins, compte tenu des évolutions technologiques."

Si l’adressage internet est évoqué à l’occasion d’un développement sur le RFID, on peut regretter l’absence de la gouvernance de l’internet dans les préoccupations de la commission en charge du rapport, mais peut être que ça n’a pas d’incidences sur l’économie de l’immatériel ?

A suivre

Philippe Batreau

Le rapport en ligne - pdf

Messages