Merci pour votre message
Il pose des questions générales et particulières à cette formation, fondée sur l’échange d’expérience. Formation néanmoins. Mais ceci est un autre sujet.
Elle s’adresse aux professionnels aguerris de la communication, qu’ils soient élus ou salariés. Qu’ils aient acéré leurs armes dans la communication traditionnelle ou électronique.
Il s’agit pour nous de les accompagner dans une réflexion et l’acquisition ou le perfectionnement de connaissances et de compétences.
Le cœur de la question en terme de compétence me semble être celui de la relation entre la communication traditionnelle et la communication électronique. Je vais y revenir.
Mais avant d’aller plus avant sur cette question, il me semble clair que cette compétence peut s’exercer dans des domaines différents. Le domaine général sur lequel nous travaillons est la communication dans le cadre du service public. Ensuite, cette compétence peut se décliner en terme de communication politique, communication touristique, communication de proximité, communication de service, communication d’image, etc. La démocratie aussi le choix de sa communication, tant pour l’émetteu, que pour celui qui la reçoit que pour ceux qui sont dans une véritable relation d’échange.
Mais dans le cadre des « rendez-vous de la société locale de la communication » que m’importe le type de communication. Nous essayons Cap-Com et moi de proposer les conditions d’une meilleure expertise en terme de communication ET électronique et non pas seulement de communication électronique.
La communication électronique ou le multimédia communiquant ou le net, à chacun sa définition et ses frontières, est un outil que le communicant, qu‘il soit dans un service public ou non, doit s’approprier pour améliorer sa performance professionnelle.
D’où les thèmes que nous allons aborder cette année dans notre cycle (http://www.cap-com.org/page19-les-r...).
D’où, de façon plus précise, les thèmes qui seront l’objet de notre première séance Communication, plurimédia/multimédia et particulièrement :
• Place du multimédia dans une stratégie plurimédia : comment penser internet dans une politique globale de communication (interne, externe, entre-deux ; intranet, internet, extranet)
• Conditions organisationnelles
• Compétences nécessaires
• La fréquentation des sites internet (animation, mesure, analyse)
• Les études théoriques sur les usages, les enquêtes commerciales
• Le soucis de l’internaute : l’ergonomie comme respect, l’oubli des handicapés, langages différents en fonction des publics, …
Ainsi, quelque soit le type de communication, politique, de service, de proximité, etc., les communicants ont à acquérir une compétence nouvelle et comprendre les spécificités, intérêts, dangers, difficultés de maîtrise, mirages, puissance de ces nouveaux outils. Ensuite, je préjuge qu’ils sont d’assez bons professionnels pour les utiliser afin d’améliorer leurs stratégies et atteindre leurs objectifs.
Je connais assez de « dircom » et de responsables de la communication électronique des collectivités publiques et particulièrement territoriales pour savoir qu’ils ont comme vous, comme moi, une éthique qu’ils mettent au service d’un superbe métier. Métier difficile qui a ses travers ou plutôt connaît des déviations. Comme tout métier. Mais quelle joie et quelle responsabilité que d’avoir une compétence de communication dans une société de communication. Ce contexte est de plus en plus fondé sur les réseaux. Il est nécessaire que les communicants acquièrent des compétences de communication utilisant les moyens électroniques et comprennent les enjeux de cette société en réseau. Voyez-vous je reviens toujours à cette préoccupation que je vous assure être pour moi plus vitale que simplement commerciale !
Sur le plan politique maintenant.
Je connais aussi assez d’élus pour savoir qu’ils ont les mêmes besoins de compréhension, d’échange, d’outils performants pour, chez certains, gonfler leur égo, mais aussi, chez beaucoup, pour gérer la Cité. Et nous avons besoin de Nos élus pour la sauver. Pas seulement d’eux ; mais d’eux aussi.
J’interviens rarement dans les débats du Net pour mille raisons : esprit d’escalier qui me demande du temps pour répondre, crainte de ma réactivité qu’il me semble toujours devoir tempérer, horreur de l’impérium de l’immédiateté qui me semble être, comme d’autres outils tel le sondage et à terme le vote en ligne, des ferments d’un totalitarisme qui se joue de nos temps (présent, passé, futur) et de nos espaces (territoire, terroir et cyber, individuel et global), crainte d’être embarqué dans des logorrhées collectives aussi pernicieuses que les individuelles, même si elles sont un peu plus fun.
Votre intervention est en quelque sorte une réaction à une présentation des « Rendez-vous de la société locale de la communication ». Et par là elle m’a interpellé sur deux points :
• Les « Rendez-vous » ne sont pas un dispositif qui participe à la communication politicienne d’élus menés par leurs intérêts personnels et des dircom rampant à leurs basques. Rejetons cette image du politique, trop superficielle. Pourtant la rage aussi m’assaille à en subir certaines pratiques. Il y a des élus et des communicants qui ne demandent qu’à bien faire leur métier. Et ils sont nombreux. Dans un contexte difficile où le bien commun a perdu de sa valeur.
• Accompagner les communicants dans leur travail de maîtrise des outils électroniques ne préjuge pas d’une survalorisation de ces outils. Ils ne sont que ce qu’on en fait. L’outil n’existe que par son usage. Les professionnels qui suivent les « Rendez-vous » depuis plus de 15 ans savent combien je suis réticent face à certaines représentations et usages, au point de passer pour un technophobe. L’outil pour moi n’est intéressant que dans son apport à la mise en œuvre d’une stratégie de communication. Même si, par sa prégnance, il induit de nouveaux comportements, même si les nouveaux usages façonnent notre société. Ces outils n’ouvrent pas de champs nouveaux. Ils ne sont pas déclencheurs de nouvelles pratiques politiques ou de nouvelles pratiques de communication. Par contre, ils peuvent, s’il y a une demande sociale, être saisis par des acteurs pour renforcer, accélérer, démultiplier peut-être, de nouvelles pratiques. La démocratie participative est une de ces probables aventures, aventure sociale et non technique. Par conséquent, les difficultés de mise en œuvre sont avant tout sociales et politiques et non techniques.
J’ai entendu dire que Wikipedia serait racheté par Google. Ainsi va le monde. Mal.
Gardons nos facultés d’étonnement et d’intervention mais n’alimentons pas nos illusions.
Bernard Corbineau
Voir en ligne : Les Rendez-vous de la société locale de la communication