La bataille du Net
Que pèse aujourd’hui une poignée de "droitsdelhommistes" face aux puissants lobbies américains ? Rien sans doute, sauf quand ils se mettent à rouler pour ces derniers. C’est ainsi qu’on entend s’élever de toutes parts des voix pour dénoncer le caractère intolérable de la répression des intellectuels en Tunisie, au moment où doit se tenir en novembre prochain la deuxième phase du Sommet Mondial de la Société de l’Information (SMSI).
Ces clameurs complaisamment relayées ne visent pas seulement un régime qui est à l’évidence loin d’être le plus insupportable de la Terre. Elles ont pour effet de discréditer par avance un Sommet qui risque de mettre en cause la suprématie des Etats-Unis sur le réseau internet.
Déjà, la Chine suppporte mal d’être considérée aussi mal que l’Afrique par les autorités qui contrôlent actuellement l’allocation des ressources du Net, et distribuent les adresses IP.
Et voici que l’Union Européenne élève à son tour la voix pour exiger un meilleur partage de la "gouvernance" de ce réseau qui appartient désormais à tous les citoyens du monde.
Il n’en faut pas plus pour que les Etats-Unis soient décidés par tous les moyens à empêcher qu’une assemblée démocratique légitime des peuples de la Terre ne prenne une délibération qui mettrait en péril leur suprématie.
Les technologies de l’internet offrent aujourd’hui tous les moyens de surveillance, de contrôle et de filtrage dont peut rêver un "maître de l’univers". Un vieux proverbe populaire dit "chacun chez soi, et les vaches sont bien gardées". N’est ce pas ce qui menace un réseau dans lequel un consensus international n’aurait pas établi un climat de liberté et de confiance mutuelle propice aux échanges et à la paix ?
Christian Scherer
Le blog d’AdmiNet