Occuper le terrain
Au cours de ce Huis clos sur le Net, je n’ai jamais vraiment eu l’impression d’être coupé du reste du monde. Mais j’ai totalement perdu de vue certains médias.
Aucun article du quotidien Le Devoir ne m’a été relayé ou retweeté si vous préférez. Le Devoir est pourtant un excellent journal qui produit quantité d’articles intéressants.
Bien sûr, une partie des articles du Devoir sont inaccessibles, car il faut payer pour y avoir accès. Il est donc impossible de les consulter. Mais pas tous. Souvent, les nouvelles exclusives sont disponibles en ligne.
Bien sûr, une partie des articles du Devoir sont inaccessibles, car il faut payer pour y avoir accès. Il est donc impossible de les consulter. Mais pas tous. Souvent, les nouvelles exclusives sont disponibles en ligne.
J’ai eu très peu de nouvelles de Radio-Canada également. Malgré ses 30-mille abonnés sur Twitter, je n’ai pratiquement pas entendu parler de la chaîne publique.
En revanche, je ne compte plus les articles et chroniques des journalistes de La Presse qui sont apparus sur mon écran radar parce qu’ils m’ont été alimentés ou retweetés.
Il faut ici ouvrir une parenthèse pour bien comprendre ce qu’est le retweet et son impact. Il s’agit d’une réalimentation d’une première alerte à tout un réseau. Tous les membres du réseau peuvent évidemment eux aussi faire de même avec leur propre réseau. De réseau en réseau, la première alerte est démultipliée, un peu comme une réaction nucléaire.
C’est ce qui semble arriver avec les tweets des journalistes de La Presse. Les nouvelles qui sont relayées profitent ainsi d’un taux de pénétration exceptionnel.
Mais pourquoi un tel succès pour La Presse et pas pour les autres ? Il faut ici éviter les raccourcis trop faciles. L’explication est sans doute multifactorielle. Mais un facteur pourrait fort bien être en cause.
De nombreux journalistes de La Presse sont personnellement très présents et très actifs sur le réseau Twitter.
Peu de journalistes du Devoir et de Radio-Canada twittent. Une hypothèse, qui devrait sans doute être soumise à une analyse plus approfondie, voudrait que les membres de la communauté Twitter soient plus enclins à retwitter une information qui vient directement d’un journaliste membre de leur réseau que celle qui émane de leur employeur. Comme si cette relation plus personnalisée débouchait sur un plus grand engagement.
Qu’en pensez-vous ? Réagissez-vous différemment si c’est un journaliste qui vous communique personnellement une nouvelle plutôt que l’organe de presse qui l’emploie ? Est-ce que l’interaction est très importante pour vous ? Les reporters et chroniqueurs devraient-ils twitter ou s’abstenir ? Comment un journaliste qui twitte peut-il maintenir votre intérêt sans jamais exprimer d’opinions afin de préserver son intégrité journalistique ?
Vos avis m’intéressent vivement.
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